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Les informations quotidiennes du Journal de Pont-de-Vaux

31 Dec

Jacques Bailly raccroche après 44 ans passés sur les marchés.

Publié par RAYMOND Michel

Jacques Bailly raccroche après 44 ans passés sur les marchés.

Cette fin d'année marque pour Jacques Bailly les derniers marchés de sa carrière. Au bout de 44 ans de présence sur les marchés de Pont-de-Veyle, Belleville-sur-Saône, Vonnas, Romenay et Mâcon, ce commerçant ambulant en vêtements âgé de 62 ans qui habite à Charnay-lès-Mâcon, était encore à son banc mercredi matin devant la mairie, à battre la semelle dans la bise glaciale, où il nous a annoncé que le début de l'année 2015 correspondrait à son départ à la retraite et à l'extinction d'une dynastie de quatre générations de marchands de vêtements. Une dynastie commencée en 1882 avec ses arrières-grands-parents qui ont connu l'époque « des bandits de grands chemins qui cherchaient à les détrousser de fortes sommes en argent liquide dont ils étaient porteurs » explique-t-il.
Jacques Bailly assure que l'ambiance conviviale et fraternelle qui règne entre les forains sur les marchés va lui manquer mais ajoute partir sans regrets : « les marchés ne sont plus ce qu'ils étaient. Mes grands parents ont fait de l'or, mes parents ont fait de l'argent et moi j'ai seulement gagné ma vie ». Selon lui les marchés ont commencé à stagner au début des années 70 avec la concurrence forcenée de la grande distribution qui a fait que les comportements d'achats des consommateurs ont changé. « Depuis 2003, avec l'arrivée des ventes en lignes sur internet, c'est la chute libre des ventes vestimentaires, seuls arrivent à tirer leur épingle du jeu les commerces alimentaires » précise-t-il, en redoutant que l'avenir des marchés de France et de Navarre soit à ce jour compromis.
Il faut dire aussi que depuis les années 50 le monde rural a beaucoup changé, la désertification des campagnes à fait des ravages. «Autrefois sur le marché de Pont-de-Vaux, les femmes d'agriculteurs arrivaient à bord de cars équipés de remorques transportant les cages de volailles pour les vendre sur le marché aux volailles vivantes de la Promenade. Payées en espèces, elles venaient ensuite vers nous pour acheter en fonction de leurs besoins. A Romenay le vendredi matin, c'était la même chose avec les veaux. Chaque semaine il y en avait entre 100 et 150 veaux, et une fois vendus, les couples d'agriculteurs venaient acheter des produits sur le marché. A cette époque, on était sûrs que sur chacun de nos marchés on allait travailler ».
Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées... il y a belle lurette que ces marchés aux animaux vivants ont disparu. « J'ai malgré tout passé une belle vie, mais c'est bien que çà s'arrête aussi » conclut Jacques Bailly, avec philosophie en souhaitant bonne chance à ses jeunes confrères.

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