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Les informations quotidiennes du Journal de Pont-de-Vaux

31 Oct

Une page d'histoire est écrite sur les monuments au carré du soir du cimetière.

Publié par RAYMOND Michel

On vient parfois de fort loin pour fleurir les tombes familiales pour la Toussaint comme ce couple de retraités du Var.

On vient parfois de fort loin pour fleurir les tombes familiales pour la Toussaint comme ce couple de retraités du Var.

Le cimetière de Pont-de-Vaux a pris depuis quelques jours ses couleurs de la Toussaint avec une dominante jaune pour les pots de chrysanthèmes fleurissant les tombes. En pénétrant ce lieu d'éternité, ce qui saute aux yeux cette année, ce sont des espaces vides entre de nombreuses tombes. En effet, depuis près d'une décennie des panonceaux indiquaient aux familles dont les sépultures étaient à l'état d'abandon de se manifester en mairie et de s'acquitter d'un droit afin que leurs tombes soient maintenues en place. La plupart de ces demandes étant restées infructueuses, la commune a donc procédé au relevage de plus de 150 tombes et les restes ont été déposés dans l'ossuaire communal qui se trouve au bord de la grande allée du cimetière, à côté du carré du soir où sont inhumées nombre de notables de la ville.

En cheminant à travers les tombes du carré du soir, c'est une page d'histoire qui s'offre à nous à la lecture des noms inscrits sur les monuments. Parmi celles-ci, la plus imposante est la  tombe de Claude-Marie-Joseph Pannetier (1769-1843), compagnon de la première heure de Barthélémy Joubert (1769-1799), et volontaire comme lui dès 1795, pour défendre la Révolution les armes à la main. Ce général pontévallois, parmi d'autres généraux inhumés au carré du soir, était l'aide de camp de Joubert dans de nombreuses batailles et notamment le 15 août 1799 à Novi, en Italie, quand ce dernier tomba au petit matin sous des balles austro- russes à la tête de ses troupes. Pannetier accompagna quelques jours après la dépouille mortelle embarquée sur un bateau de guerre à Gênes jusqu'au fort Lamalgue à Toulon, qui prendra par la suite le nom de fort Joubert, où elle resta jusqu'en 1818, avant d'être transférée à l'église de Pont-de-Vaux où elle est encore. Parmi ces tombes il y a aussi celles des docteurs Herbet père et fils, maires de Pont-de-Vaux : Hippolyte (1846-1905), député-questeur à l'assemblée nationale, et Eugène-Hubert, le père (1807-1884). A quelques pas de là, c'est aussi Marie-Joseph Bonnat (1844-1881), explorateur et chercheur d'or au Ghana, décédé dans ce pays, dont la dépouille a été rapatriée au cimetière par son épouse qui était pontévalloise. Et Pierre Grézaud (1887-1953), pionnier et héros de l'aviation française, lieutenant-colonel de l'armée de l'air, il fut attaché militaire à l'ambassade de France de Moscou pendant la révolution bolchévique d'octobre 1917 en Russie avant de rejoindre l'aviation française sur le front pour combattre l'armée allemande. C'est encore Jean Goujon (1914-1991) un champion olympique d'origine pontévalloise aux jeux de Berlin en 1936, médaillé d'or de cyclisme en poursuite par équipe sur piste avec Guy Lapébie, Robert Charpentier et Roger-Jean Le Nizerhy. Décédé en région parisienne, il a été accompagné par des membres du comité olympique jusqu'au cimetière de Pont-de-Vaux où il repose depuis 1991 dans le caveau familial.

Mais beaucoup d'autres tombes sur lesquelles sont gravées des insignes de la Légion d'honneur (une cinquantaine environ dans tout le cimetière) obtenues à titre de chevalier, d'officier, de commandeur, grand officie, grand croix, et même de décoration étrangères, montrent que de nombreux défunts inhumés en ce lieu ont participé à l'histoire de la nation et de l'Europe.

Le carré du soir où sont enterrées nombre de notables de la ville.

Le carré du soir où sont enterrées nombre de notables de la ville.

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Claudine 01/11/2016 22:55

Merci pour ce reportage très intéressant et instructif sur les glorieux pontévallois qui reposent au cimetière, c'est assez fantastique qu'un si petite ville ait donné le jour à tant de gens valeureux, c'est peut-être eux qui auraient mérité des fresques en leur honneur, les contemporains sont-ils à leur hauteur ?...la ville de Pont-de-Vaux serait bien inspirée de restaurer ces tombes.

En ce jour de Toussaint et demain, jour des défunts, ce reportage était le bienvenu et plus dans notre culture que la fête d'Halloween, importée des Etats-Unis et aussi d'Irlande (je crois) qui sombre souvent dans le mauvais goût.

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