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Les informations quotidiennes du Journal de Pont-de-Vaux

27 Dec

Les derniers mois de l'année 1916 sur le journal du maire Jean-Durhône.

Publié par RAYMOND Michel

Le Suffren à bord duqel se trouvait le quartier-maître-mécanicien Victor Bouillard.

Le Suffren à bord duqel se trouvait le quartier-maître-mécanicien Victor Bouillard.

Parmi les ouvrages édités chaque année par l'association Histoire et traditions en Bresse – Val de Saône, se trouve en bonne place dans les bibliothèques des amateurs d'histoire locale « Pont-de-Vaux dans la grande guerre » paru en 2005 grâce à Mme Georgette Soret, alors présidente de cette association, qui a recueilli les textes manuscrits d'un journal tenu du 27 juillet 1914 au 9 décembre 1919 par Jean Durhône, pharmacien de la ville, maire de Pont-de-Vaux et conseiller général du canton pendant 17 ans. Dans cet ouvrage, Jean Durhône relate les combats des armées au front, des faits de guerre en Europe et dans le Monde, mais il fait aussi œuvre de chroniqueur en portant son regard de maire sur la vie de sa commune en parlant des départs de soldats, des attributions d'aides à leurs familles, des difficultés d'approvisionnement en produits alimentaires et en combustibles comme le charbon, ou encore des prix des denrées et des avis de décès qu'il reçoit en mairie pour des enfants de Pont-de-Vaux tués au front.

Pour les quatre derniers mois de 1916, on apprend que le 25 septembre le total des dépôts de la Caisse d'épargne de Pont-de-Vaux s'élève à 3 688 millions de francs (8,777 M€ actuels en francs constants), que le total était de de 4 058 millions de francs le 30 juin 1914 (9,648M€). Et que de fait, les pontévallois abondent largement aux emprunts d'Etat. Il faut dire qu'à l'époque le commerce local était prospère. Le 15 novembre un arrêté préfectoral « interdit pour beaucoup de magasins l'usage de l'électricité, du pétrole et de l'essence passé 6 heures du soir. Les cafés et restaurants doivent fermer à 9 h 30 ». Le 20 novembre « la crise de charbon menace d'être intense. Déjà des communes du département se voient à la veille de fermer leurs écoles faute de combustible ». Le 3 décembre, « une quête faite sur l'invitation des dames de l'ouvroir pour l'envoi d'un colis aux prisonniers de Pont-de-Vaux a produit 275 francs (654€). Le 10 décembre, « reçu avis que le jeune Victor Bouillard, engagé dans la marine, était à bord du Suffren qui est considéré comme perdu corps et biens. Bouillard, classe 1915, était quartier-maître mécanicien ». Mme Soret nous apprend qu'il était né le 6 octobre 1895 et était le fils d'un tonnelier de la ville. Son nom figure sur le monument au mort de la ville en tête (par ordre alphabétique) d'une liste de 17 pontévallois tombés au champ d'honneur en 1916. Une recherche sur internet nous apprend que le Suffren était un cuirassé français qui a été coulé au large de Lisbonne le 26 novembre 1916 par un sous-marin allemand. Ce cuirassé rentrait d'opérations navales menées aux Dardanelles et se dirigeait vers Lorient pour subir des réparations. La torpille allemande l'a fait exploser et le bâtiment a coulé en quelques secondes emportant par le fond ses 648 membres d'équipage, dont Victor Bouillard. Pour la fin du mois de décembre, le 27, Jean Durhône note que sur la foire « les prix sont élevés, le blé de 31 à 34 francs les 100 kg, le maïs de 40 à 44 francs. Cette différence considérable de prix incite malheureusement les cultivateurs à alimenter leur bétail en blé ». Le 2 décembre : « la crise de charbon s'atténue quelque peu, nous recevons quelques wagons de houilles des mines de Blanzy ». 

 

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